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La Patagonie

Arrivé un peu par hasard en Patagonie en 1995, j'y ai finalement posé mon sac pendant 1 an, d'abord attiré par cette atmosphère de bout du monde puis définitivement envoûté quand j'ai parcouru pour la première fois les sentiers du PN Torres del Paine. J'y ai donc presque naturellement exercé le métier de guide, avant de partir vers d'autres horizons sud-américains.

Hervé Haon présente la Patagonie à Luçon

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Dans le cadre du cycle « Connaissance du monde » à Luçon, Hervé Haon, réalisateur et « baroudeur professionnel » est venu nous présenter son film «Patagonie-Terre de feu-Atacama ». Portrait d'une terre australe vue par le cinéaste.

La Patagonie, extrême sud de l'Amérique du sud, était présentée lundi soir au théâtre Millandy de Luçon grâce à un film de Hervé Haon. Bûcheron dans les Alpes, chercheur d'or en Amazonie, il habite maintenant 6 mois par an en Patagonie car, dit-il : « je voudrais fuir ce monde de consommation outrancière ». Il se consacre à la réalisation de documentaires sur l'Amérique du sud.

 

Vent, solitude, « désordre d'eau et de montagne »... Pour Hervé Haon, plus qu'une terre, la Patagonie est un état d'esprit. Avec moins d'un habitant au kilomètre carré, il faut revenir aux premiers hommes et premières expéditions maritimes pour comprendre les raisons d'un tel vide. « Vide jusqu'au vertige », comme il le dit.

Les Alakalufs et Yamana (Amérindiens) sont parmis les premiers hommes de la planète. Ils sont repoussés peu à peu vers le sud de l'Amérique, pour finalement cohabiter avec une terre déjà peuplée de légendes et d'une riche faune et flore. Le réalisateur nous explique comment les Alakalufs, couverts de graisse de phoque, pécheurs et chasseurs, sont la seule tribu qui ait su peupler cette terre aussi rude.

Dès 1870, les colons débarquent. Les tentatives de civilisation firent périr chacun des Indiens. A partir de 1920 les européens cherchent à peupler ces grands territoires. Les seuls noms donnés aux lieux nous indiquent les résultats : Puerto del Hambre (port famine), Ultima esperanza (dernière espérance)...

Hervé Haon nous emmène ensuite vers le nord, grâce à la Carretera Austral, seule route qui permette de traverser le sud du continent. Nous passons par Punta arenas, Puerto Natales, Torres del plaine, Puerto Eden, pour arriver sur l'île de Chiloe, au nord du Chili. Le cinéaste nous offre des portaits, des visages, qui en disent long sur les Chilotes, (habitants de Chiloe) vivant de pêche et de bois, et connus pour leur capacité à ne pas se plaindre. Un dicton chilien dit que « même les tripes à l'air, un chilote vous dira toujours que tout va bien pour lui. ».

Enfin nous arrivons dans le désert d'Atacama au Chili. Hervé Haon s'arrète sur les traces des Incas, et sur les Huasos (Cow boys américains ou gauchos argentins). Puis il nous ramène doucement à la modernité et aux sociétés actuelles, en nous présentant Santiago et Val Paraiso.

Par ce film d'histoire, de paysages et de portaits, Hervé Haon sensibilise le spectateur à ce « monde en sursis » qu'est la Patagonie.

« On pense avoir fait un voyage, mais c'est le voyage qui vous a fait ». Hervé Haon part en Patagonie sans savoir ou il va. « D'ailleurs l'idée de ne jamais arriver me contentait. Etre en chemin me suffisait déjà. »

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Floriane Boillot

Publié par deesjournalisme à 16:00:24 dans Régional